La maturité organisationnelle et la gestion de l’information

Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’architecture d’information, une discipline dans laquelle j’ai beaucoup de plaisir à travailler lors de mes mandats.

L’architecture d’information, en quelques mots, va permettre à une entité (équipe, direction, organisation) de structurer, de catégoriser, de hiérarchiser et d’évaluer l’ensemble de ses «actifs informationnels» (Documents, expertises, connaissances, données) critiques pour elle, afin de les exploiter de manière optimale, de les faire évoluer et ainsi d’optimiser les efforts liés à la  réalisation de ses objectifs stratégiques.

L’architecture de l’information prend naissance à un niveau stratégique et organisationnel, mais selon la maturité de l’organisation, elle sera implémentée dans un système plus ou moins intégré de gestion de l’information, avec des processus inhérents à cette solution, voire des rôles.

Aussi, je vous propose de lire le résumé d’une publication très pertinente sur la question de la maturité organisationnelle, orientée sur l’architecture de l’information. Cette publication a été rédigé par Hong Sik Kim, de la Korea Polytechnique University, et Sungwook Moon, de ComponentBasis, et publié dans l’ouvrage collectif Advances in Government Enterprise Architecture. L’article résumé est quant à lui rédigé par Isabelle Vachon, chargée de projet et coordonnatrice du bureau de l’Abitibi-Témiscamingue, CEFRIO, et paru dans le Bulletin d’information e-Veille de Mars 2010, publié par les Services Gouvernementaux du Québec.

On peut y trouver un modèle à cinq niveaux de maturité, le niveau 5 étant le plus mature pour une organisation.

  • Globalement, une organisation au niveau de maturité 1 commence à peine sa réflexion sur l’architecture de son information et n’est pas prête à l’implémenter dans une solution technologique appropriée.
  • Une organisation de niveau 3 aura réussi à établir l’architecture de son information pour l’enmsemble de ses directions et équipes, et est prête désormais à investir dans l’implémentation et le déploiement global  d’une solution de gestion de l’information, pour toute l’organisation donc (Le niveau 2 se limite à des preuves de concept et des projets pilotes).
  • Enfin, une organisation aura atteint le niveau 5 de maturité pour son architecture de l’information lorsque :
    • sa solution technologique sera déployée et exploitée par toutes les directions et équipes
    • ET qu’elle aura établi des principes, des règles, et des processus d’amélioration continue pour gérer son information de manière optimale.

Je pense que le modèle établi par Hong Sik Kim et Sungwook Moon pourraient intégrer une variable supplémentaire, celui de sa capacité à définir des rôles et responsabilités dédiées à la gestion et l’architecture de son information. Ces rôles peuvent être de différents types, tels que gestionnaire, archiviste, libraire, responsable de veille (Pour plus de détails sur les rôles, je vous invite à lire le chapitre 7 du livre «Gestion stratégique des connaissances») . Par contre, je ne pense pas que de tels rôles et responsabilités puissent être mis de l’avant avant d’atteindre un niveau de maturité 4.

Et vous, à quel niveau pourriez-vous classer votre organisation ?

La gestion du changement : Pourquoi ?

Outre les statistiques et les articles de recherche soulignant l’importance de la gestion du changement en matière de gestion de projet et de développement organisationnel, c’est faire preuve de bon sens que de s’interroger sur la façon d’amener les individus à vivre leur transformation. Les chiffres [1] parlent d’eux-mêmes et à raison : 

Recherche de McKinsey auprès de 40 programmes majeurs de changement Cette étude démontre une corrélation directe entre la valeur ajoutée par un projet et la maîtrise de 12 facteurs reconnus pour gérer le changement efficacement. Les 11 meilleures entreprises ont réalisé 143% de la valeur attendue alors que les 11 moins performantes ont réalisé des gains de 35% de la valeur attendue. 
Recherche de la firme Prosci auprès de 426 participants répartis dans 59 pays 88% des projets ayant utilisé d’excellentes pratiques en gestion du changement ont atteint leurs objectifs. Seulement 17% des projets qui n’ont pas utilisé de bonnes pratiques de gestion du changement ont dépassé ou atteint leurs objectifs. Bref, quand vous adoptez de bonnes pratiques vos chances d’atteindre vos objectifs sont cinq fois plus élevées que lorsque vous appliquez de mauvaises pratiques.
Étude réalisée par IBM en 2008 auprès de 1 500 praticiens à travers le monde Cette étude indique que même si les praticiens jugent que seulement 41 % des projets réussissent, ceux qui réussissent le mieux (la tranche supérieure de 20 % de l’échantillon) font état d’un taux de réussite de 80 %, soit près du double de la moyenne.

On constate bien trop souvent un écart entre ambition des objectifs et modestie des résultats, dans la mesure où il n’y a de transformation qu’acceptée par ceux qu’elle vise. Que vaut l’implantation d’un nouveau processus sans acceptation des nouvelles façons de faire par ceux qui doivent le réaliser ? Que vaut un progiciel dont on ne se sert pas ? L’utilisation de bonnes pratiques en gestion du changement contribue directement à la valeur ajoutée des projets, c’est-à-dire à l’appropriation du changement par les groupes ciblés selon le rythme de développement de leur volonté et de leur capacité à changer.

 [1] Synthèse des études offertes par A+ Transition dans un article intitulé Pourquoi c’est payant de gérer le changement

La collaboration au service de la gestion de projet

Le 29 septembre dernier (2009 donc) gp3 a eu le plaisir de présenter sa vision de la collaboration vis à vis de la gestion de projet, ceci dans le cadre des activités du PMI Québec.

Les questions soulevées par cette présentation sont, de manière non exhaustive, les suivantes :

  • Que signifie la collaboration dans un contexte d’hyper-connectivité technologique et de communication en temps-réel ?
  • Quels outils soutiennent les activités de collaboration ?
  • Sur quels domaines de connaissances les activités de gestion de projet devraient-elles s’appuyer pour augmenter la qualité des travaux requis ?
  • Les réseaux, la dynamique dénommée « 2.0″, peuvent-ils s’inscrire dans un contexte de gestion de projet ?
  • La collaboration crée et fait évoluer l’information. Comment vit cette information ? Sous quelle forme? Peut-on la canalyser à travers des processus concrets ?

Sans plus attendre, nous vous invitons à en prendre plus ample connaissance en consultant ce lien.

Nous serions ravis de pouvoir échanger avec vous sur le sujet.

Bonne lecture !

La gestion du changement : Quoi ?

Si l’on en croit l’encyclopédie Wikipedia, le changement est le passage d’un état à un autre, la portée, la durée, et l’intensité de ce passage en déterminant la nature (évolution, révolution, transformation, etc).

De là en découle directement la gestion du changement qui consiste en la planification des activités qui permettront à une organisation, un groupe, un individu, de passer de l’état actuel à l’état souhaité et d’atteindre la vision organisationnelle partagée par l’ensemble pour assurer la pérennité de l’organisation et sa performance.

Certains préfèrent au terme « gestion » celui de « conduite » ou « pilotage » du changement. Sans en amoindrir l’importance et la nécessité, il est vrai que vouloir contrôler et gérer le changement peut paraître, pour certains, une intervention infondée ou une ambition trop élevée. Ceux-là n’ont pas totalement tort : dans la mesure où elle touche à des éléments « soft » de l’organisation et à l’humain en particulier, il est difficile de mesurer le retour sur investissement de pareille démarche et d’en garantir d’ailleurs des résultats précis. Intrinsèquement, le changement est un problème organisationnel complexe, multiforme, qui implique un exercice délicat de gestion des multiples facettes de l’organisation : organisation du travail, circulation de l’information, jeux de pouvoir, ressources, connaissances et compétences, climat et culture organisationnelle, etc.

Dans le cadre d’un programme de changement généralisé à une organisation, on peut également parler de transformation organisationnelle : le terme est alors plus approprié pour englober des changements plus fondamentaux et profonds, qui, imbriqués les uns aux autres, tendent vers le même but, à savoir la réalisation de la vision dont l’organisation s’est dotée à long terme. Hautement stratégique et souvent reliée à la gestion de plusieurs projets de changement en parallèle et/ou successivement, à différents niveaux de l’organisation, la gestion de la transformation organisationnelle prend ici la forme d’une gouvernance du changement.

La gestion du changement : Quoi ? Pourquoi ? Comment ?

La gestion du changement : thème majeur et ô combien difficile à cerner !

Beaucoup parlent de la nécessité d’inclure la gestion du changement dans les projets, pour en limiter les échecs potentiels et décupler les chances de réussite ; d’autres envisagent davantage le changement comme une transformation plus profonde et stratégique en terme de développement organisationnel… On en parle beaucoup, mais que se cache-t-il réellement derrière le terme de gestion du changement ?

Pour en connaître davantage sur cette discipline de gestion et commencer à en parler sérieusement, autant commencer par se poser les bonnes questions.

Vous voulez en savoir plus et comprendre quoi, pourquoi et comment ? Il vous suffit de suivre les prochains articles sur ces trois questions !

Quorum, un superbe outil d’intégration de l’information

Déjà spécialiste de la technologie Sharepoint et du progiciel EPM, gp3 a voulu, en développant la solution Quorum, répondre non seulement à un besoin d’intégration de ces deux outils, mais aussi à une nécessité plus globale de traiter de manière intégrée l’information à travers les processus d’affaire des organisations, en tenant compte des différents supports et outils utilisés pour déployer cette information et ces processus.

S’appuyant sur les outils EPM et MOSS de Microsoft, Quorum s’adresse aux organisations dont les processus d’affaires sont déjà établis, visant principalement les processus de gestion de projets et de gestion documentaire, et permet, via la technologie Sharepoint, de lier ces processus entre eux en intégrant l’information qui les concerne et qu’ils partagent.

La plateforme Quorum est divisée en trois grandes sections :

  1.  la Gestion des informations de l’entreprise, qui permet de faire la modélisation des processus;
  2. Gestion des projets de l’entreprise, qui, s’adaptant à la méthodologie de gestion de projet privilégiée, se subdivise en espace de travail pour chacun des projets ouverts dans l’entreprise;
  3. Gestion documentaire, qui regroupe tous les gabarits de l’entreprise, et qui permet de faire l’archivage légal des documents administratifs.  

Ces trois grandes sections sont liées entre elles par des flux de travail qui se déclenchent lorsqu’on intervient sur une activité identifiée dans un processus. Ainsi, la création d’une demande de projet pourrait déclencher l’ouverture d’un espace de travail pour le projet, des demandes d’identification de responsables, de formation d’équipe de projet, ainsi qu’un flux d’approbation des biens livrables.

La vidéo suivante donne un avant-goût des possibilités qu’ouvre Quorum aux entreprises qui veulent aller plus loin dans l’intégration de toute l’information sur laquelle reposent leurs processus.

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GIDC et organisation du travail

“Mes ressources sont déjà débordées, elles n’auront pas le temps de partager leurs connaissances”

La GIDC n’est pas une activité supplémentaire à toutes les autres, c’est une pratique de travail qui s’intègre dans les processus d’affaires existants. Le partage de connaissances et leur récupération doivent être des étapes naturelles dans le travail de la personne. Il faut donc réorganiser le travail pour accueillir ces activités dans les activités quotidiennes de cette dernière.

Ne disait-on pas lors de l’arrivée du courriel que les employés n’auraient pas le temps d’en lire ou d’en envoyer? Aujourd’hui, on ne pourrait plus s’en passer. Le courriel est devenue une activité normale d’un travail. Poser des questions, recevoir des réponses, tout en continuant le travail requis pour répondre à nos responsabilités.

Pour les entreprises manufacturières, partager ses connaissances ne veut pas nécessairement dire écrire de longs documents. Cela peut être de consigner en quelques mots les opérations effectuées pour réparer ou améliorer telle ou telle machine. Et se former ne veut pas dire lire d’arides guides d’utilisation. De simples capsules vidéo peuvent faire gagner de précieuses minutes, voire des heures.

Comment combiner méthodes (expertise métier), disponibilité et échéancier?

Une des difficultés de la gestion de projets (et par extension des processus et des personnes) est de combiner les méthodes métiers (processus de production) avec les ressources clés qui maîtrisent les méthodes, en fonction du respect d’un échéancier de projet.

À l’échelle d’une équipe réduite (moins de 10 membres), ce problème se résout relativement facilement.  Les membres de l’équipe peuvent échanger sur les meilleures pratiques et s’aider mutuellement dans l’utilisation optimale des processus métiers.  Ces mêmes membres connaissent leur niveau de complémentarité respectif et, lorsque questionnés sur les délais et les efforts, apportent des réponses plus qu’adéquates.  Bien souvent les méthodes de gestion de projet sont mal perçues par ces équipes car elles viennent alourdir un processus de gestion relativement simple en les encadrant de façon trop rigide.  Actuellement, la réponse organisationnelle à cette impression de rigidité est le recours aux méthodologies agiles qui prônent, avec raison, la souplesse.

Par contre, lorsque la taille des équipes devient plus importante, le gestionnaire de projet peut difficilement prévoir les délais de façon précise, en consultant directement chaque expert.  Les techniques de gestion de projet y répondent en utilisant principalement le WBS (Work Breakdown Structure).  Toutefois le découpage d’un projet en sous-composants a ses limites et, tôt ou tard, un « expert » devra évaluer les délais de livraison requis, peu importe la taille de l’élément de travail.

Une autre réponse consiste à limiter la taille des équipes.  Bien que très efficace au niveau des résultats, cette approche l’est beaucoup moins au niveau de l’efficience : chaque équipe devient potentiellement le nouvel élément d’un organigramme hiérarchique de plus en plus complexe à gérer et demandant des efforts importants dans un contexte où les frais de gestion de projet doivent être limités le plus possible.

La solution passe potentiellement par le recours aux réseaux sociaux et à la cartographie des connaissances. La cartographie permet de compiler les informations sur la complémentarité des équipiers et d’identifier les acteurs clés de toutes estimations utilisables.  Les réseaux sociaux facilitent les échanges entre les équipiers et autres confrères (consoeurs) de travail pour valider les estimés.

Des expérimentations récentes tendent à prouver que cette voie se veut efficace et pleine de promesses.  À quand des résultats de recherche concrets ?

L’autre voie est celle des logiciels d’estimation.  Cette voie est expérimentée depuis plusieurs années, mais n’a pas encore donnée les résultats attendus.  Elle présuppose bien souvent que les estimateurs sont les experts métiers.  Depuis quelques temps, on voit apparaître des outils d’estimation comme Expertisa et autres qui favorisent le travail d’estimation en équipe.  Ces deux voies sont à analyser, dans les prochains mois, pour en saisir tout le potentiel.

La meilleure musique pour « gérer » un projet

On le sait, les chargés de projet ont des caractères particuliers : grande tolérance aux risques, à l’aise devant les situations confuses et habiles à naviguer dans le « flou ». Difficile de savoir ce qui leur passe par la tête !

Mais selon vous et votre  expérience, quelle est la meilleure musique pour gérer un projet ? Quel artiste/auteur/compositeur vous semble le plus inspirant ? Que fredonnez-vous dans les étapes de planification ? de risques ? de points en suspens ? de revue de projets ?

Voici les chansons qui reviennent régulièrement dans mon cas :

  • Planification : Metallica\Enio Morricone : The Extasy of Gold
  • Points en suspens : Tom Cochrane : Human Race (Knock me down and I’ll get back up…)
  • Revue de projet : Bizet : Carmen, L’amour est un oiseau rebelle
  • Fin d’un projet : le silence…

Et vous ?

GIDC et gestion du changement

“Si je partage mon expertise, je ne serai plus indispensable pour mon équipe”.

Voilà une question à laquelle toute entreprise pourrait faire face lorsqu’elle implante des activités de GIDC. Or, ce qu’il faudrait répondre est : en partageant son expertise, on ne la perd pas mais on aide ses collaborateurs. De manière inverse, on intègre des nouvelles connaissances autant de fois que ces derniers la partage.

Par exemple, avec 5 personnes travaillant dans une même équipe, on donne une information et on en reçoit jusqu’à quatre. Plutôt un gain qu’une perte n’est-ce pas? Par ailleurs, un document ne remplace pas une connaissance, une compétence. Les entreprises ont et auront toujours besoin de personnes pour effectuer des travaux de réflexion, de négociation, des travaux pointus et techniques. On peut tout partager avec ses collaborateurs, et l’on garde toute notre importance et notre expertise. Mieux encore, on améliore cette dernière grâce aux connaissances partagées par nos collègues.