Archive de l'Auteur Cécile Baraillé

Attention : un changement peut en cacher un autre…

Celui qui a déjà eu à gérer un changement sait d’avance que tout changement est par nature multiforme et complexe et ses impacts aussi divers que variés.

De fait, le travail de diagnostic du changement apparaît primordial : sans juger de la qualité de la documentation de projet et de la solution retenue, celle-ci est incomplète pour la gestion du changement, sans une analyse approfondie du changement généré et de ses conséquences sur le plan corporatif, collectif et individuel, sous l’angle des impacts organisationnels et humains et non plus seulement sous celui des coûts, des délais et de la qualité.

Pour un projet donné, la solution de projet est en effet un déclencheur plus qu’un impact. Telles les ondes provoquées à la surface de l’eau, sa mise en place a pour effet de propager le changement aux différents niveaux de l’organisation. Ajoutez à cela les intentions stratégiques qui ont motivé le démarrage du projet et vous obtiendrez quelques unes des multiples facettes qui composent un changement.

Faites la refonte d’un site Internet pour refléter le dynamisme et la proactivité dans la diffusion de l’information et vous vous apercevrez que le résultat souhaité ne peut être obtenu sans une révision du processus de mise en ligne des contenus Web et des façons de faire de ceux qui y participent. Implantez un nouveau système d’information et vous comprendrez l’importance de la clarification des rôles et de l’évolution des valeurs communes autour des notions de transparence, de partage et de collaboration.

Ce sont là autant d’exemples que d’expériences démontrant que, face à un quelconque changement organisationnel, la méfiance est de mise, car un changement peut toujours en cacher un autre…

Avec ou sans recette : pourquoi le « pourquoi » peut mieux nous enseigner que le « comment » !

Quelle différence pouvez-vous faire entre un cuisinier et un chef cuisinier ?

 Cuisinier vous-même, vous avez certainement suivi pas à pas les instructions données dans une recette, sans obtenir le résultat souhaité, à votre grande surprise (et parfois même à celle de vos invités !).

 Des changements, mêmes minimes, dans la température, l’humidité ou la quantité des ingrédients peuvent avoir des effets désastreux sur le résultat. Mais comment auriez-vous pu le savoir puisque vous avez suivi la recette ?

 L’alchimie des ingrédients, et par conséquent la compréhension du « pourquoi » derrière chaque élément d’une recette, est une science, inconnue du simple cuisinier. Et les recettes toutes faites ne suffisent pas, lorsqu’un changement survient.

 C’est souvent après bien des essais/erreurs que le simple cuisinier apprend de son expérience, alors qu’un chef cuisinier n’a pas besoin d’expérimenter pour évaluer, ajuster et corriger, voire complètement transformer un met : sa maîtrise réside en sa capacité à comprendre le pourquoi du comment, tout simplement.

 Conclusion : pour un chef cuisinier, c’est presque un comble que de suivre une recette !

 L’anecdote du cuisinier, sans peur et sans recette, est tout aussi applicable au manager, et encore plus au consultant en gestion. Une méthodologie ou un processus basé sur des pratiques éprouvées ne saurait être interprété comme une recette à suivre pas à pas. Sans aller jusqu’à dire que l’on n’ait pas besoin de recette comme point de départ, c’est dans sa combinaison avec la compréhension du « pourquoi » que réside la clé gagnante.

 Largement inspiré de http://www.change-management.com/tutorial-7-principles-mod1.htm

La gestion du changement : Comment ?

Un changement est en soi une solution pensée, réfléchie et déterminée pour répondre à un problème particulier ou à un besoin anticipé. Il s’inscrit donc dans un contexte particulier qui en donne tout son sens et justifie les modalités de sa mise en application.

1ère étape – DIAGNOSTIC du contexte de changement : Effectuer une analyse précise de la situation de changement, en déterminer la nature et la portée et analyser les impacts aussi bien négatifs que positifs pour en déduire les besoins et enjeux sont donc les préalables indispensables à la formalisation d’une stratégie de gestion du changement. Le but n’est autre que de se doter d’une vision globale de la situation de changement pour prendre en charge toutes ses implications, qu’elles soient sur le plan financier, technologique, organisationnel, humain, culturel ou politique.

2ème étape – VISION & CONSENSUS autour de la solution de changement : Si la première étape consiste essentiellement à se doter d’une vision multidimensionnelle du changement organisationnel, par nature multiforme, la deuxième se veut non seulement construire l’initiative de changement et élaborer la stratégie de changement adéquate, mais aussi et surtout, trouver le moyen d’impliquer les parties prenantes et destinataires dans le processus d’identification de la solution de changement, de sorte à ce qu’ils la partagent et y adhèrent. Ce sont-là autant de facteurs de succès que d’actions à poser pour amorcer la dynamique du changement à tous les niveaux de gestion concernés.

3ème étape – Développement de la CAPACITÉ de changer : Quand le vent du changement s’apprête à souffler, autant s’y préparer. La gestion du changement a pour finalité de développer la capacité à changer de l’organisation, des groupes et des individus, selon leur degré de maturité de départ. Toujours garder en tête d’où l’on part et vers où l’on s’en va, pour ensuite déterminer comment l’on peut y arriver !

Doter les principaux intéressés des moyens de réaliser le changement ciblé, mettre en place des conditions facilitatrices qui appuient le changement et minimisent les impacts négatifs sur les opérations courantes laissent entrevoir les principaux défis à surmonter pour amener les différents rouages de l’organisation à s’imbriquer et à avancer conjointement, selon le rythme approprié, et tout en veillant à la continuité des opérations.

4ème étape – ANNONCE du changement : Des fondements de départ, répertoriés dans le diagnostic organisationnel, à la formalisation d’une stratégie de gestion du changement, le pas doit ensuite être franchi tôt ou tard pour mettre en application la solution de changement retenue.

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’introduction d’un changement dans une organisation est un art qui suppose d’agir autant avec douceur qu’avec violence, mais toujours avec jugement et discernement. Le but est en effet d’annoncer le vent du changement et d’en introduire les premiers éléments percutants, tout en étant prêts à éviter les écueils et à gérer les imprévus.

 5ème étape – MISE EN ŒUVRE du changement : L’annonce ouvre le bal, il ne reste plus qu’à accompagner les participants dans la valse du changement. Les gestionnaires de niveau intermédiaire, confrontés à la réalité opérationnelle, sont à ce niveau-là aussi bien agents du changement que destinataires et doivent bien souvent valser dans les tumultes générés par l’annonce du changement. C’est pourquoi ils sont préparés, voire formés, en priorité pour assurer la diffusion du changement au sein de l’organisation et mieux préparer leurs ressources.

Pour ce qui est de la mise en œuvre, le plan aligné sur la stratégie a permis d’identifier les principales activités de gestion du changement : on parle de communication et de formation bien évidemment, mais aussi de support et d’intégration. Tous les efforts investis dans l’identification des  principaux leviers, forces propulsives ou accélérateurs du changement, peu importe le terme, doivent désormais être traduits en actions concrètes, réalistes et réalisables et surtout être réalisés. Il n’y a pas de changement dans l’inaction, et dans la pensée magique encore moins ! D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une science exacte : on ne peut prédire aisément ce qui peut arriver et il faut toujours être prêt à s’ajuster au contexte mouvant du changement et aux réactions organisationnelles, collectives et individuelles.

6ème étape – RENFORCEMENT du changement dans la continuité : Pourquoi changer si ce n’est pour changer dans la continuité ? La gestion du changement s’inscrit généralement dans le long terme, les bénéfices d’un changement étant rarement visibles dans l’immédiat. En effet, lorsqu’on touche à des éléments tels l’organisation du travail, les comportements et la culture, on ne peut s’attendre à ce que le changement puisse s’effectuer du jour au lendemain. Au contraire, il faut être capable de gérer le changement et son intensité dans le temps, tout en œuvrant à son intégration dans les rouages de l’organisation : les résultats du changement doit progressivement devenir le quotidien et trouver un relai dans le fonctionnement même de l’organisation.

Au final, vous comprendrez qu’aucune recette magique n’existe en la matière, seulement des axes d’analyse et d’intervention fondamentaux, et ce, tout au long du cycle de changement, allant de son introduction à sa mise en place durable, en passant par le suivi de sa progression et des bénéfices obtenus à plus ou moins long terme.

La gestion du changement : Pourquoi ?

Outre les statistiques et les articles de recherche soulignant l’importance de la gestion du changement en matière de gestion de projet et de développement organisationnel, c’est faire preuve de bon sens que de s’interroger sur la façon d’amener les individus à vivre leur transformation. Les chiffres [1] parlent d’eux-mêmes et à raison : 

Recherche de McKinsey auprès de 40 programmes majeurs de changement Cette étude démontre une corrélation directe entre la valeur ajoutée par un projet et la maîtrise de 12 facteurs reconnus pour gérer le changement efficacement. Les 11 meilleures entreprises ont réalisé 143% de la valeur attendue alors que les 11 moins performantes ont réalisé des gains de 35% de la valeur attendue. 
Recherche de la firme Prosci auprès de 426 participants répartis dans 59 pays 88% des projets ayant utilisé d’excellentes pratiques en gestion du changement ont atteint leurs objectifs. Seulement 17% des projets qui n’ont pas utilisé de bonnes pratiques de gestion du changement ont dépassé ou atteint leurs objectifs. Bref, quand vous adoptez de bonnes pratiques vos chances d’atteindre vos objectifs sont cinq fois plus élevées que lorsque vous appliquez de mauvaises pratiques.
Étude réalisée par IBM en 2008 auprès de 1 500 praticiens à travers le monde Cette étude indique que même si les praticiens jugent que seulement 41 % des projets réussissent, ceux qui réussissent le mieux (la tranche supérieure de 20 % de l’échantillon) font état d’un taux de réussite de 80 %, soit près du double de la moyenne.

On constate bien trop souvent un écart entre ambition des objectifs et modestie des résultats, dans la mesure où il n’y a de transformation qu’acceptée par ceux qu’elle vise. Que vaut l’implantation d’un nouveau processus sans acceptation des nouvelles façons de faire par ceux qui doivent le réaliser ? Que vaut un progiciel dont on ne se sert pas ? L’utilisation de bonnes pratiques en gestion du changement contribue directement à la valeur ajoutée des projets, c’est-à-dire à l’appropriation du changement par les groupes ciblés selon le rythme de développement de leur volonté et de leur capacité à changer.

 [1] Synthèse des études offertes par A+ Transition dans un article intitulé Pourquoi c’est payant de gérer le changement

La gestion du changement : Quoi ?

Si l’on en croit l’encyclopédie Wikipedia, le changement est le passage d’un état à un autre, la portée, la durée, et l’intensité de ce passage en déterminant la nature (évolution, révolution, transformation, etc).

De là en découle directement la gestion du changement qui consiste en la planification des activités qui permettront à une organisation, un groupe, un individu, de passer de l’état actuel à l’état souhaité et d’atteindre la vision organisationnelle partagée par l’ensemble pour assurer la pérennité de l’organisation et sa performance.

Certains préfèrent au terme « gestion » celui de « conduite » ou « pilotage » du changement. Sans en amoindrir l’importance et la nécessité, il est vrai que vouloir contrôler et gérer le changement peut paraître, pour certains, une intervention infondée ou une ambition trop élevée. Ceux-là n’ont pas totalement tort : dans la mesure où elle touche à des éléments « soft » de l’organisation et à l’humain en particulier, il est difficile de mesurer le retour sur investissement de pareille démarche et d’en garantir d’ailleurs des résultats précis. Intrinsèquement, le changement est un problème organisationnel complexe, multiforme, qui implique un exercice délicat de gestion des multiples facettes de l’organisation : organisation du travail, circulation de l’information, jeux de pouvoir, ressources, connaissances et compétences, climat et culture organisationnelle, etc.

Dans le cadre d’un programme de changement généralisé à une organisation, on peut également parler de transformation organisationnelle : le terme est alors plus approprié pour englober des changements plus fondamentaux et profonds, qui, imbriqués les uns aux autres, tendent vers le même but, à savoir la réalisation de la vision dont l’organisation s’est dotée à long terme. Hautement stratégique et souvent reliée à la gestion de plusieurs projets de changement en parallèle et/ou successivement, à différents niveaux de l’organisation, la gestion de la transformation organisationnelle prend ici la forme d’une gouvernance du changement.

La gestion du changement : Quoi ? Pourquoi ? Comment ?

La gestion du changement : thème majeur et ô combien difficile à cerner !

Beaucoup parlent de la nécessité d’inclure la gestion du changement dans les projets, pour en limiter les échecs potentiels et décupler les chances de réussite ; d’autres envisagent davantage le changement comme une transformation plus profonde et stratégique en terme de développement organisationnel… On en parle beaucoup, mais que se cache-t-il réellement derrière le terme de gestion du changement ?

Pour en connaître davantage sur cette discipline de gestion et commencer à en parler sérieusement, autant commencer par se poser les bonnes questions.

Vous voulez en savoir plus et comprendre quoi, pourquoi et comment ? Il vous suffit de suivre les prochains articles sur ces trois questions !